Tom
Dixon
AUTODIDACTE, TOM DIXON S’ÉLOIGNE DES PARCOURS CLASSIQUES ET CONSTRUIT SON TRAVAIL À PARTIR DE MATÉRIAUX RÉCUPÉRÉS.
Né en Tunisie d’un père britannique, professeur d’anglais et d’une mère journaliste pour la BBC World Service, Tom Dixon grandit entre plusieurs cultures avant de s’installer à Londres. Élève à la Holland Park Comprehensive School au début des années 1970, il découvre la poterie et le dessin, deux pratiques qui lui apprennent très tôt la proportion et l’équilibre, une influence décisive pour la suite de son travail.
Après un passage au Chelsea College of Art and Design, qu’il quitte rapidement à la suite d’un accident de moto, son parcours prend une direction inattendue. Au début des années 1980, il devient musicien professionnel et joue de la basse dans le groupe Funkapolitan. Il travaille ensuite comme peintre dans une société de dessins animés, avant qu’un nouvel accident de la route ne vienne, une fois encore, interrompre son activité.
C’est dans cette période faite de détours et d’expérimentations qu’il découvre la soudure comme une révélation. À partir d’objets métalliques récupérés, il commence à créer ses premières pièces, transformant des fragments industriels en meubles aux formes libres. Très vite, cette pratique devient centrale. Le geste est direct, les assemblages restent visibles et l’objet assume pleinement sa fabrication.
Ses premières créations rencontrent un certain succès et son atelier rassemble bientôt une vingtaine de personnes autour du travail du métal, parmi lesquelles Thomas Heatherwick et Michael Young. Il cofonde également le collectif Creative Salvage avec André Dubreuil et Mark Brazier-Jones, explorant le recyclage et le détournement de matériaux issus de l’industrie.
Au fil des années, son travail évolue. Sans renier cette approche brute, les formes se précisent, gagnent en équilibre, tout en conservant une certaine liberté.
Nommé directeur artistique de Habitat en 1995, il élargit son champ d’action avant de fonder sa propre maison d’édition en 2002. Son parcours, atypique et sans compromis, témoigne d’une évolution constante : d’un travail expérimental vers des formes plus affirmées, toujours guidées par la matière et l’envie d’inventer.