Shiro
Kuramata
Shiro Kuramata ou l’inacessible beauté.
Légèreté, poésie, transparence. Ce sont les mots qui reviennent sans cesse lorsque l’on évoque le travail du regretté Shiro Kuramata.
Contemporain de Rei Kawakubo, Issey Miyake et Tadao Ando, Shiro Kuramata reflète le dynamisme et l’essor créatif du Japon d’après-guerre. Lorsqu’il employait la tôle, le plastique et le verre, Shiro Kuramata nous proposait des œuvres chatoyantes et oniriques, allant à l’encontre de la logique industrielle de l’époque.
Admirateur d’Ettore Sottsass et des formes espiègles du design italien, Shiro Kuramata se rapprocha du groupe Memphis, qu’il intégra finalement en 1981. De là, le designer japonais délaissa le courant du modernisme et embrassa celui de l’expressionnisme.
Pourtant Shiro Kuramata ne sera jamais aussi criard et tranché. Là où les italiens s’affirment par la couleur et les volumes, lui s’effaçait et laissait la lumière faire son travail. La matière devenait un voile flottant où la forme était révélée par les ombres.
Les intentions de Shiro Kuramata peuvent être illustrées par le fauteuil How High The Moon (1986), en maille d’acier expansé, qui semble flotter dans les airs, se jouant de la lumière et de la matérialité attendue par le consommateur.
Shiro Kuramata était de ceux qui exploraient le principe de continuum des arts. Bercé par Beuys, Duchamps et Judd, Shiro Kuramata s’émancipa des distinctions existantes entre art et art décoratif. Pour lui, c’était un tout.
Autant dans le domaine du design que celui de l’architecture, Shiro Kuramata défia constamment les frontières et nous livra toujours des œuvres remplies de splendeur et de poésie.
La Glass Chair (1977) et Miss Blanche (1986), séparées pourtant de quasiment dix ans, sont la définition de la passion de Shiro Kuramata pour la transparence, la légèreté et un certain minimalisme.
Cet attrait, pour les formes à la fois épurées et fantaisistes, a perpétuellement trouvé une place dans la vie du designer. En 1970 il produisait déjà la commode verticale Furniture in Irregular Forms Side 1 qui était la démonstration de l’intérêt naissant de Shiro Kuramata à troubler notre regard. Chaque tiroir était une courbe, une surprise.
Si Shiro Kuramata a collaboré avec Cappellini dans les années 80, il ne cherchait pourtant pas à plaire ni à produire en masse. Les propositions restaient uniques, et souvent presque irréelles. De ses mains, la matière devenait un nuage, un reflet, et un mirage
Pour lui le design avait quelque chose d’émotionnel et ne devait pas être réduit qu’à sa fonction. Cela tombe bien, pour nous aussi.
LES ŒUVRES DISPONIBLES