Robert
Wilson
Ah, Bob Wilson ! Tant d’élégance et de pureté émanent de tes œuvres.
Figure emblématique de la scène contemporaine, Robert, dit « Bob » Wilson, navigue avec une aisance déconcertante entre les médiums.
Grâce à ses différentes formations, Robert Wilson a su développer une approche inédite de la scène. Que sa mission soit d’orner une pièce de théâtre, un ballet ou un opéra, Robert Wilson appréhende constamment l’espace comme un ensemble à part entière : spirituel, physique et poétique.
Mais si la production du metteur en scène semble si énigmatique, c’est vraisemblablement parce que ses œuvres ont pour vocation d’habiller l’urbs sacré de la scène, et non nos intérieurs. Une fois sorties de leur contexte théâtral, le mysticisme de ces objets demeure, impénétrable pour celui qui les regarde.
Pourtant, dans l’exemple des chaises tripodes Amadeus (1996), on continue d’entendre comme une lointaine mélodie. Celles-ci conservent – manifestement – encore et toujours la trace des actes de La Flûte Enchantée.
Il est donc ardu de totalement sortir les œuvres de Robert Wilson de leur contexte, puisqu’elles en deviennent le langage.
La lumière, le vide, les corps, les objets… et surtout le temps, sont les conjectures éternellement employées par l’artiste afin de donner vie à ses objets.
Robert Wilson disait que ces composants étaient absolument nécessaires pour façonner la perception et la fonction même des éléments sur scène. Un dogme qui n’est donc appréciable que de loin, et visiblement assis.
Il y a donc là une vraie part de mysticisme. Quand Gaetano Pesce ou Pierre Sala s’initient metteurs en scène, leur message paraît plus perceptible que celui de Bob Wilson.
Le mobilier que Robert Wislon conçoit n’est pas seulement décoratif. Il vibre, parle, et vit comme une entité à part entière.
Tantôt personnage muet, tantôt messager, chaque meuble s’inscrit dans un schéma où il devient aussi important que l’acteur.
Ce qui guide Bob Wilson, c’est d’aller à l’encontre de ce que l’on pourrait penser.
Selon l’espace donné, Robert Wilson joue allègrement des genres, en accentuant ou, au contraire, en atténuant les émois.
On se questionnera donc lorsqu’il nous faudra réfléchir à l’inscription temporelle de l’objet.
Nous l’avons évoqué : Robert Wilson crée au sein d’un cadre spécifique. Mais que deviennent ses assises une fois logées dans nos appartements douillets ? Eh bien, elles transmettent. Elles véhiculent inlassablement les émotions d’un passé que l’on ne saurait approcher.
Quelqu’un a-t-il regardé attentivement la Fritzi (1999) ? Faite d’un verre épais, elle semble pouvoir percer toutes les tragédies. Pourtant, on n’oserait la toucher. Elle paraît si délicate.
C’est donc bien pour toutes ces raisons que les pièces de Robert Wilson sont insaisissables. Parce que nous ne les comprenons pas entièrement. Il faut les regarder, les yeux fermés, et écouter leur son.
Finalement, les chaises de Robert Wilson sont autant costumes qu’objets.
Elles habillent et communiquent ce que ce designer prodigieux voudra bien nous donner.
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