Reliques mondernes
Si elles étaient précédemment conservées au sein de riches collections privées à travers le monde, les œuvres de Gae tano Pesce – aujourd’hui présentées à l’occasion du PAD Londres – résonnent comme la redécouverte d’œuvres rares et majeures de l’artiste.
Réalisé en 1996 pour l’exposition Le Temps des Questions au Centre Pompidou, le Sikh Cabinet est une œuvre unique. Partiellement enfoui, l’objet surgit de la terre battue tel un sarcophage d’un temps révolu.
Faite de bandages imbibés de résine, sa porte est lestée par un contrepoids en fonte.
Entre objet fonctionnel et sculpture, le Sikh Cabinet impose une présence forte, mêlant résistance matérielle et charge symbolique.
La bibliothèque Luigi, O Mi Amate Voi (1993) sonne, elle, comme une redécouverte d’un pan de la bibliothèque d’Alexandrie en ancienne Égypte. Organisée en une suite de colonnes aux riches décors peints, la bibliothèque impose un style architectural notamment grâce à ses vantaux permettant de créer des tablettes de rangement modulables et dynamiques.
Créée en 1986 pour le bar El Liston au Japon, la lampe Square combine une résine légèrement translucide à un piétement massif. Sa surface, marquée par les aléas de fabrication, laisse filtrer une lumière douce et colorée. Posée sur son socle, elle agit comme une balise silencieuse au sein du champ d’exposition. Avec ses contours nets et sa texture irrégulière, elle rappelle les artefacts lumineux que l’on imaginerait mis au jour dans un intérieur enseveli.
Présenté partiellement enfoui, ce buffet en résine colorée illustre l’approche expérimentale de Gaetano Pesce. Issu de la série Nobody’s Perfect, il a été conçu à partir d’un moule souple. L’objet affiche des contours irréguliers et des variations de couleurs franches. Malgré son apparente souplesse, le buffet Nobody’s reste parfaitement fonctionnel, doté de charnières solides et d’un vaste espace de rangement. Cette relique affirme une esthétique du hasard, revendiquée comme méthode.
La table 931 (1993), accompagnée de ses six chaises 928 (1993), est installée ici comme un poste de travail abandonné. Les chaises, montées sur ressorts, rebondissent doucement selon les mouvements de l’usager. Chaque élément présente des variations subtiles de couleur et de transparence, comme autant de fragments d’une série pensée pour durer, mais jamais se répéter. Sur le site, cet ensemble devient notre point d’étude: le lieu où l’on observe, discute et transmet.
PAD Londres, Royaume Uni.
Pour sa première participation au PAD Londres, Pulp Galerie est heureuse de présenter une exposition monographique sur l’œuvre de Gaetano Pesce (1939-2024). Artiste aux multiples visages, ses créations empruntent sans cesse un vocabulaire inédit par l’utilisation de matériaux expérimentaux et de formes excentriques, détournant le meuble de son usage premier.
Figure éminente parmi les designers audacieux, Gaetano Pesce a constamment remis en question les normes d’une esthétique mondialisée. À travers ses créations, il stimule nos souvenirs et nos sens. Le rappel de l’image voluptueuse de la Mamma avec son Up5, la chaise Greene Street qui reflète un équilibre aussi fragile que notre monde, ou encore la série Nobody’s Perfect, séduisent grâce à leurs formes anthropomorphes irrésistibles.
Reliques mondernes
Si elles étaient précédemment conservées au sein de riches collections privées à travers le monde, les œuvres de Gae tano Pesce – aujourd’hui présentées à l’occasion du PAD Londres – résonnent comme la redécouverte d’œuvres rares et majeures de l’artiste.
Réalisé en 1996 pour l’exposition Le Temps des Questions au Centre Pompidou, le Sikh Cabinet est une œuvre unique. Partiellement enfoui, l’objet surgit de la terre battue tel un sarcophage d’un temps révolu.
Faite de bandages imbibés de résine, sa porte est lestée par un contrepoids en fonte.
Entre objet fonctionnel et sculpture, le Sikh Cabinet impose une présence forte, mêlant résistance matérielle et charge symbolique.
La bibliothèque Luigi, O Mi Amate Voi (1993) sonne, elle, comme une redécouverte d’un pan de la bibliothèque d’Alexandrie en ancienne Égypte. Organisée en une suite de colonnes aux riches décors peints, la bibliothèque impose un style architectural notamment grâce à ses vantaux permettant de créer des tablettes de rangement modulables et dynamiques.
Avec ses huit jambes effilées, sa coque en résine et son dossier élargi, le fauteuil Greene Street (1988) tient davantage de la sculpture que du siège. Réalisée en polyester renforcé, sa surface rappelle celle d’un plastron ou d’un masque stylisé. Présenté au cœur d’un espace de fouille, il prend l’allure d’une armure gréco-romaine.
Réalisée entre 1984 et 1993 au Pratt Institute de New York, la chaise Pratt n.8 appartient à une série expérimentale de neuf chaises, chacune obtenue à partir d’une combinaison différente de résine. Produite en seulement 34 exemplaires, la série se distingue par son usage d’un même moule, enrichi de détails en relief. Dans cette version, les motifs d’un visage, crucifix, empreinte de main, apparaissent comme autant de fragments biographiques et symboliques. La Pratt n.8 évoque un reliquaire archéologique, où se dissimulent des indices mystérieux.
Créée en 1986 pour le bar El Liston au Japon, la lampe Square combine une résine légèrement translucide à un piétement massif. Sa surface, marquée par les aléas de fabrication, laisse filtrer une lumière douce et colorée. Posée sur son socle, elle agit comme une balise silencieuse au sein du champ d’exposition. Avec ses contours nets et sa texture irrégulière, elle rappelle les artefacts lumineux que l’on imaginerait mis au jour dans un intérieur enseveli.
Présenté partiellement enfoui, ce buffet en résine colorée illustre l’approche expérimentale de Gaetano Pesce. Issu de la série Nobody’s Perfect, il a été conçu à partir d’un moule souple. L’objet affiche des contours irréguliers et des variations de couleurs franches. Malgré son apparente souplesse, le buffet Nobody’s reste parfaitement fonctionnel, doté de charnières solides et d’un vaste espace de rangement. Cette relique affirme une esthétique du hasard, revendiquée comme méthode.
La table 931 (1993), accompagnée de ses six chaises 928 (1993), est installée ici comme un poste de travail abandonné. Les chaises, montées sur ressorts, rebondissent doucement selon les mouvements de l’usager. Chaque élément présente des variations subtiles de couleur et de transparence, comme autant de fragments d’une série pensée pour durer, mais jamais se répéter. Sur le site, cet ensemble devient notre point d’étude: le lieu où l’on observe, discute et transmet.
Une scénographie immersive.
Pulp Galerie, accompagnée de son duo de scénographes Cyrille Van Dievoet et Hugo Travaux, présente sa sélection dans une atmosphère inédite.
Gaetano Pesce : Modern Relics emporte les visiteurs au cœur d’un véritable champ de fouilles en plein Mayfair. Entre la terre, le sable et la résine, les œuvres de Gaetano Pesce — conservées jusqu’alors dans des collections privées, à l’abri des regards — sont à découvrir à travers une uchronie immersive. Les meubles, rares et inédits sur le marché, se muent en véritables trésors précédemment ensevelis, déterrés d’une fouille archéologique.