Sa célèbre Poltrona di Proust, peinte à la main comme une toile impressionniste, en est l’emblème. Une bergère baroque du XVIIIᵉ siècle couverte d’un éclat de couleurs, un objet à la fois familier et étrange, où passé et présent s’entrelacent dans une effervescence visuelle. À l’image de l’exposition du MAD Paris “Rococo – de Nicolas Pineau à Cindy Sherman”, il réaffirme la vitalité de la décoration, sa capacité à traverser les siècles et à traduire l’esprit d’une époque.

Parmi ces objets aux formes atypiques, la lampe Atomaria (série Nuova Alchimia, Zabro, 1984) incarne parfaitement cette esthétique. Posée sur une base conique noire, sa silhouette turquoise en forme de totem géométrique, ponctuée de petites pointes métalliques sur les côtés, oscille entre sculpture, mobilier et manifeste. Cette œuvre ne cherche pas à s’adapter à un environnement, mais à surprendre comme si la fonction passait après l’idée, l’émotion et l’ironie.

 

Architecte autant qu’auteur, Alessandro Mendini conçoit ses projets comme des récits visuels. Sa Torre di Paradiso à Hiroshima, ou le Groninger Museum aux Pays-Bas, se dressent comme des architectures joyeuses, fragmentées, presque musicales. Dans ces espaces, l’architecture cesse d’être un abri pour devenir un lieu d’âme. Il ne s’agit plus seulement de construire, mais de ressentir.

Face à la domination du numérique et de la technologie, Alessandro Mendini défend une vision poétique et humaniste du design. Il refuse le fonctionnalisme qu’il juge trop réducteur et propose à la place un design de la métamorphose, où chaque objet, chaque bâtiment devient un organisme vivant, en perpétuelle transformation. “L’art n’explique pas le monde, il le transfigure”, écrivait-il – phrase manifeste d’un créateur qui a toujours préféré l’émotion à l’explication.

Cette philosophie prend corps dans ses collaborations avec Alessi. Ses théières anthropomorphes, ses montres colorées ou ses vases totems sont autant d’objets du quotidien transformés en petites sculptures.

Son œuvre tout entière peut se lire comme une méditation sur la forme et le sens. Alessandro Mendini ne cherche ni la perfection ni la pureté, mais la beauté du disparate, la rencontre des contraires. Dans sa démarche, se fait entendre l’écho du “Bauhaus baroque”, expression paradoxale qui condense son art : unir la rigueur du modernisme à la sensualité du baroque, faire dialoguer géométrie et émotion.

En définitive, Alessandro Mendini incarne un postmodernisme humaniste, affranchi des dogmes de la modernité. Ses créations rappellent que le design n’est pas une affaire de style, mais une affaire d’âme, capable de rapprocher l’objet de l’humain.

Au-delà du fonctionnalisme

Figure majeure du design italien, Alessandro Mendini a construit son œuvre à la croisée de l’art, de l’architecture et de la philosophie. Théoricien, architecte et designer, il a cherché à redonner une dimension sensible à l’objet et à réintroduire l’émotion dans le quotidien. Acteur essentiel du radical design et du postmodernisme, il s’est toujours tenu à distance des dogmes, préférant inventer un langage personnel, libre et profondément humaniste. Plus qu’un simple créateur, Alessandro Mendini voyait dans le design un moyen d’exprimer des idées, des souvenirs et des émotions à travers la forme et la couleur.

Dans les années 1970 et 1980, alors que le design industriel triomphe et que la rigueur moderniste impose sa froide discipline, Alessandro Mendini choisit la dissidence. Au sein des groupes Alchimia et Memphis, il rejette l’idée de pureté fonctionnelle, convaincu qu’elle a fait disparaître l’âme des objets. Contre la grisaille du rationnel, il revendique la fantaisie, la narration, la tendresse. Son design parle d’histoires et de sentiments autant que de formes. Chaque création devient une métaphore, une tentative de réconciliation entre la beauté et l’usage, entre la mémoire et le présent.

Architecte autant qu’auteur, Alessandro Mendini conçoit ses projets comme des récits visuels. Sa Torre di Paradiso à Hiroshima, ou le Groninger Museum aux Pays-Bas, se dressent comme des architectures joyeuses, fragmentées, presque musicales. Dans ces espaces, l’architecture cesse d’être un abri pour devenir un lieu d’âme. Il ne s’agit plus seulement de construire, mais de ressentir.

Face à la domination du numérique et de la technologie, Alessandro Mendini défend une vision poétique et humaniste du design. Il refuse le fonctionnalisme qu’il juge trop réducteur et propose à la place un design de la métamorphose, où chaque objet, chaque bâtiment devient un organisme vivant, en perpétuelle transformation. “L’art n’explique pas le monde, il le transfigure”, écrivait-il – phrase manifeste d’un créateur qui a toujours préféré l’émotion à l’explication.

Cette philosophie prend corps dans ses collaborations avec Alessi. Ses théières anthropomorphes, ses montres colorées ou ses vases totems sont autant d’objets du quotidien transformés en petites sculptures.

Sa célèbre Poltrona di Proust, peinte à la main comme une toile impressionniste, en est l’emblème. Une bergère baroque du XVIIIᵉ siècle couverte d’un éclat de couleurs, un objet à la fois familier et étrange, où passé et présent s’entrelacent dans une effervescence visuelle. À l’image de l’exposition du MAD Paris “Rococo – de Nicolas Pineau à Cindy Sherman”, il réaffirme la vitalité de la décoration, sa capacité à traverser les siècles et à traduire l’esprit d’une époque.

Parmi ces objets aux formes atypiques, la lampe Atomaria (série Nuova Alchimia, Zabro, 1984) incarne parfaitement cette esthétique. Posée sur une base conique noire, sa silhouette turquoise en forme de totem géométrique, ponctuée de petites pointes métalliques sur les côtés, oscille entre sculpture, mobilier et manifeste. Cette œuvre ne cherche pas à s’adapter à un environnement, mais à surprendre comme si la fonction passait après l’idée, l’émotion et l’ironie.

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