Parmi les pièces les plus emblématiques figuraient paravents, lampadaires, appliques, guéridons, tabourets, canapés ou encore rideaux. Les chaises en fer forgé se distinguaient par leur dossier circulaire aux teintes vives rappelant la chaise Prince Impérial de 1985. On retrouvait également une paire de miroirs rectangulaires en bois peint noir, rythmés de branches teintées corail disposées en frise, qui prolongeaient ce vocabulaire organique et coloré cher au duo. Ces meubles, dont le style rompait avec les codes sages des intérieurs bourgeois, trouvaient naturellement leur place dans les salons de collectionneurs. Leur extravagance mesurée s’invitait avec justesse jusque dans les décors les plus prudents. Imaginez ces chaises aux antennes flamboyantes ou ces appliques grotesques se glissant entre deux moulures : vous voilà transporté dans un théâtre, où chaque objet revendique sa part de spectacle. Vous n’êtes plus dans un simple salon de couture ni dans une collection classique : vous voici plongé dans l’univers féerique du duo Garouste & Bonetti.
Lorsque la maison Lacroix ferma, cette scène spectaculaire se dispersa. En mai 2010, Sotheby’s Paris orchestra la vente de 97 lots issus de ce décor mythique. Ce fut un succès retentissant : 543 342 € au marteau, contre une estimation de 350 000 €. Les paires de chaises aux curieuses antennes s’envolèrent à près de 20 000 € chacune, les fauteuils à dossier circulaire séduisirent les collectionneurs, tandis que les grotesques en bronze trouvèrent preneur jusqu’au Moyen-Orient. Même le musée des Arts décoratifs de Paris préempta plusieurs pièces, reconnaissant l’importance historique de cet ensemble, preuve qu’ici, le mobilier dépassait sa fonction et rejoignait le patrimoine.
Cette vente confirma ce que beaucoup pressentaient déjà : la rencontre de Lacroix avec Elizabeth Garouste & Mattia Bonetti ne fut pas une simple décoration de salon, mais l’un des mariages les plus emblématiques entre mode et design d’intérieur. Comme le résumait alors Cécile Verdier, directrice du département Arts décoratifs du XXe siècle : « Le goût et le talent des trois grands créateurs que sont Christian Lacroix, Elizabeth Garouste et Mattia Bonetti se sont imposés ce soir. Les résultats ont rendu hommage à ce courant majeur en matière de décoration intérieure, empreint de nostalgie, mais toujours en vogue auprès des collectionneurs internationaux. »
Et l’histoire ne s’arrêta pas là : le 23 avril 2025, une nouvelle vente organisée à Nice par la maison Boisgirard Antonini dispersa à son tour plusieurs pièces issues de la maison Christian Lacroix. Cette vente rappela que, près de quarante ans après leur création, ces meubles continuaient de susciter l’intérêt des collectionneurs et de circuler sur le marché de l’art. Aujourd’hui encore, les pièces d’Elizabeth Garouste & Mattia Bonetti fascinent. Volontiers inspirées du XVIIIe siècle et à rebours de la standardisation comme du fonctionnalisme, elles montrent aussi qu’avec Christian Lacroix, l’art de vivre ne se cache pas dans la discrétion, mais s’assume dans une théâtralité carnavalesque pleinement revendiquée.
Christian Lacroix et Garouste & Bonetti
Dans le Paris feutré de la haute couture des années 1980, les salons s’ornaient encore de miroirs sages, de fauteuils Empire et de velours soyeux. C’est dans ce décor convenu qu’une explosion de couleurs, de formes et de matières fit irruption en juillet 1987 : Christian Lacroix, couturier fraîchement installé au 73, faubourg Saint-Honoré, confia l’aménagement de sa maison à deux maîtres du design, Elizabeth Garouste & Mattia Bonetti.
Le duo Elizabeth Garouste & Mattia Bonetti, déjà surnommé les « nouveaux barbares », se distinguait par sa liberté face aux codes établis. Leur mobilier puisait dans un vocabulaire formel singulier, où les structures se transformaient en branchages stylisés, où les appliques prenaient la forme de masques de grotesques et où les miroirs s’ornaient de motifs coralliens. Cet imaginaire composait un vocabulaire théâtral où chaque meuble devenait acteur de la mise en scène. Christian Lacroix, couturier de l’exubérance, trouva en eux les partenaires idéaux pour prolonger l’opulence de ses créations dans le décor de sa maison.
Cette vente confirma ce que beaucoup pressentaient déjà : la rencontre de Lacroix avec Elizabeth Garouste & Mattia Bonetti ne fut pas une simple décoration de salon, mais l’un des mariages les plus emblématiques entre mode et design d’intérieur. Comme le résumait alors Cécile Verdier, directrice du département Arts décoratifs du XXe siècle : « Le goût et le talent des trois grands créateurs que sont Christian Lacroix, Elizabeth Garouste et Mattia Bonetti se sont imposés ce soir. Les résultats ont rendu hommage à ce courant majeur en matière de décoration intérieure, empreint de nostalgie, mais toujours en vogue auprès des collectionneurs internationaux. »
Et l’histoire ne s’arrêta pas là : le 23 avril 2025, une nouvelle vente organisée à Nice par la maison Boisgirard Antonini dispersa à son tour plusieurs pièces issues de la maison Christian Lacroix. Cette vente rappela que, près de quarante ans après leur création, ces meubles continuaient de susciter l’intérêt des collectionneurs et de circuler sur le marché de l’art. Aujourd’hui encore, les pièces d’Elizabeth Garouste & Mattia Bonetti fascinent. Volontiers inspirées du XVIIIe siècle et à rebours de la standardisation comme du fonctionnalisme, elles montrent aussi qu’avec Christian Lacroix, l’art de vivre ne se cache pas dans la discrétion, mais s’assume dans une théâtralité carnavalesque pleinement revendiquée.
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