À la fin des années 1980, Mario Botta se voit confier la conception de la cathédrale d’Évry, dernière cathédrale construite en France au XXᵉ siècle. Il imagine un volume circulaire en briques de Toulouse, reposant sur deux cylindres de béton armé imbriqués. Le choix de la brique n’est pas anodin: matériau de la mémoire et de l’ancrage, elle relie symboliquement les habitants à la terre et à l’Histoire.
Le cylindre s’ouvre vers le ciel par un sommet incliné, surmonté d’arbres.
Véritable « jardin suspendu », il résonne comme un jardin d’Éden planant au-dessus de la cathédrale. Ce dernier renouvelle l’idée même de façade et souligne avec force la silhouette de l’édifice.
À l’intérieur, la lumière descend doucement par de larges ouvertures supérieures, variant selon les saisons et rappelant l’écoulement du temps.
L’ensemble invite à une pause silencieuse, accessible autant aux croyants qu’à ceux en quête de réflexion.
Ce projet révèle l’intérêt de Mario Botta pour l’urbanisme et sa volonté d’inscrire chaque construction dans une continuité avec la ville ou le village environnant, sans effacer ni altérer les traces du passé.
Quelques années plus tard, Mario Botta reconstruit l’église de San Giovanni Battista à Mogno, un petit village perdu dans les montagnes du Tessin, en Suisse, après sa destruction par une avalanche. Inaugurée en 1996, l’édifice surprend par sa modernité radicale. Il se caractérise par l’alternance graphique du marbre clair et du granit sombre, des parois sans fenêtres et une lumière qui ne filtre qu’à travers la verrière supérieure: ici, le vitrail devient un plafond de verre.
Cette alternance de noir et de blanc évoque la neige reposant sur la roche. Le granit, avec ses aspérités comme martelées, contraste avec la douceur du marbre clair, rappelant ainsi le paysage alpin.
Lorsque l’on découvre pour la première fois l’église San Giovanni Battista, on est saisi par son aspect inattendu, presque déroutant. Nichée au bout d’une route de montagne sinueuse, à côté d’un petit village perdu, elle surgit comme un objet architectural hors du temps. Mario Botta n’oublie jamais de s’ancrer dans son environnement: la porte d’entrée, par exemple, reprend le même motif que les maisons du village, établissant un lien discret avec l’architecture traditionnelle. Comme un dernier hommage à la chapelle disparue, des reliques de l’édifice sont intégrées à cette nouvelle création. L’ancien Christ en croix est adapté à un support mural imaginé par l’architecte, le baptistère du XVIIᵉ siècle est intégré au parvis, et la Vierge à l’Enfant historique trône à gauche de l’autel. Botta n’a pas reconstruit : il a sauvé le patrimoine du village.
L’espace réduit (quinze places environ) plonge le visiteur dans une atmosphère intimiste et profondément méditative.
Ce monument, élaboré sur le thème du cylindre tronqué, est rythmé par des lignes en « V ». Ce motif structurel, qui anime la transparence, renforce l’élégance de l’édifice et rappelle le soin ornemental que Botta accorde aussi au design. Aujourd’hui, cette réalisation emblématique dépasse largement le cadre local et illustre la manière dont il réinvente l’architecture sacrée.
Autre exemple marquant des créations architecturales de Mario Botta: la chapelle Santa Maria degli Angeli, construite sur le Monte Tamaro en Suisse entre 1992 et 1996. Cette réalisation impressionne par son originalité architecturale. Posée au bord d’une falaise, elle est bâtie en porphyre, une roche magmatique et s’ouvre sur un panorama exceptionnel. Sa situation, presque en équilibre sur la montagne, donne au lieu un caractère méditatif unique. À l’intérieur, le chœur de l’église, situé sous une passerelle, est rehaussé par les œuvres picturales d’Enzo Cucchi.
Dans le même registre, l’église du Santo Volto à Turin, construite entre 2004 et 2006. Pour symboliser la « renaissance » de ce quartier, Mario Botta utilise des matériaux naturels : briques en terre cuite et pierre rouge de Vérone pour l’extérieur et le sol, bois d’érable pour les plafonds. Le complexe couvre 12 000 m² et comprend deux bâtiments au nord-est ainsi que le volume principal de l’église, tourné vers un parc. Une coupole, visible depuis l’intérieur, complète l’espace central. Enfin, une ancienne cheminée en brique, vestige du passé industriel du site, a été conservée et transformée en clocher.
Qu’il s’agisse de Mogno, d’Évry ou d’autres projets d’églises en Europe, Mario Botta poursuit toujours la même ambition: créer des lieux où l’on peut se recueillir et réfléchir.
En effet, pour Mario Botta, l’édifice religieux n’est pas seulement un espace pour la foi: c’est aussi un lieu de contemplation dans un monde en perpétuelle agitation.
Plus largement, les églises de Mario Botta sont l’expression la plus aboutie de son architecture : une architecture humble et précise, enracinée dans le territoire mais tendue vers l’universel.
Les églises de Mario Botta
Né en 1943 à Mendrisio, au Tessin, Mario Botta est l’une des figures majeures de l’architecture contemporaine. Formé à Venise auprès de Carlo Scarpa, il s’impose dès ses débuts par un style à la fois rigoureux et poétique. Ses réalisations se caractérisent par des formes géométriques simples, l’usage de matériaux bruts et une réflexion constante sur la lumière. Dans ce vaste corpus, ses églises occupent une place singulière : elles ne sont pas seulement des lieux de culte, mais de véritables expériences spirituelles, accessibles à tous. Contrairement à la tradition dominée par le plan en croix, Botta privilégie le plan circulaire, qui s’impose comme l’une des signatures emblématiques de son architecture.
Dans les édifices religieux de Botta, la lumière joue un rôle essentiel. Rarement frontale ou ostentatoire, elle se glisse par des percées discrètes, filtre à travers des toitures ou descend depuis des ouvertures supérieures. L’alternance et la juxtaposition de pierres régionales, permettent de donner un contraste chromatique à l’ensemble. Toujours ancré dans son territoire, Mario Botta construit sans imposer son œuvre. Son architecture bouscule les conventions établies et se distingue des bâtiments centenaires. Dans une justesse propre aux grands maîtres de l’architecture, Mario Botta adapte ses créations sans dénaturer l’environnement. Le contemporain se mêle au préexistant, comme si l’un et l’autre s’étaient toujours complétés en un seul et même lieu.
Lorsque l’on découvre pour la première fois l’église San Giovanni Battista, on est saisi par son aspect inattendu, presque déroutant. Nichée au bout d’une route de montagne sinueuse, à côté d’un petit village perdu, elle surgit comme un objet architectural hors du temps. Mario Botta n’oublie jamais de s’ancrer dans son environnement: la porte d’entrée, par exemple, reprend le même motif que les maisons du village, établissant un lien discret avec l’architecture traditionnelle. Comme un dernier hommage à la chapelle disparue, des reliques de l’édifice sont intégrées à cette nouvelle création. L’ancien Christ en croix est adapté à un support mural imaginé par l’architecte, le baptistère du XVIIᵉ siècle est intégré au parvis, et la Vierge à l’Enfant historique trône à gauche de l’autel. Botta n’a pas reconstruit : il a sauvé le patrimoine du village.
L’espace réduit (quinze places environ) plonge le visiteur dans une atmosphère intimiste et profondément méditative.
Ce monument, élaboré sur le thème du cylindre tronqué, est rythmé par des lignes en « V ». Ce motif structurel, qui anime la transparence, renforce l’élégance de l’édifice et rappelle le soin ornemental que Botta accorde aussi au design. Aujourd’hui, cette réalisation emblématique dépasse largement le cadre local et illustre la manière dont il réinvente l’architecture sacrée.
Autre exemple marquant des créations architecturales de Mario Botta: la chapelle Santa Maria degli Angeli, construite sur le Monte Tamaro en Suisse entre 1992 et 1996. Cette réalisation impressionne par son originalité architecturale. Posée au bord d’une falaise, elle est bâtie en porphyre, une roche magmatique et s’ouvre sur un panorama exceptionnel. Sa situation, presque en équilibre sur la montagne, donne au lieu un caractère méditatif unique. À l’intérieur, le chœur de l’église, situé sous une passerelle, est rehaussé par les œuvres picturales d’Enzo Cucchi.
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