À contre-courant du « bavardage postmoderne », l’architecture de Mario Botta s’impose par son autonomie. Elle plonge ses racines dans le paysage tessinois, dans une tradition constructive faite de briques, de pierres et de maçonneries, et la transcende en formes universelles. Carrés, cercles, cylindres et cubes se conjuguent avec une monumentalité sobre, attentive à la lumière et aux perspectives démultipliées. « Chez Botta, le matériau et la forme constituent toujours une bonne synthèse », écrivait-on déjà à propos des arcs croisés de Vacallo.

Cette force d’évidence est reconnue à l’international dès 1986-87, lorsque le MoMA de New York lui consacre une rétrospective monographique, inscrivant son œuvre dans la lignée de Le Corbusier et de Louis Kahn. Mais Mario Botta refuse la simple filiation : il poursuit une voie personnelle, nourrie autant par l’histoire que par un rapport presque fataliste à la création. « En architecture, j’aime aussi ces aspects que les mots ne peuvent pas capturer », confie-t-il.

À partir des années 1980, Mario Botta s’attaque à l’échelle des bâtiments publics, banques, écoles, musées, en leur conférant la même intensité architecturale que celle de ses maisons.

La Banque du Gothard (1982-1988) à Lugano illustre parfaitement la capacité de Botta à transposer les caractéristiques de son architecture domestique à l’échelle de la monumentalité institutionnelle. Chaque projet, qu’il s’agisse d’un bâtiment administratif à Fribourg ou d’une maison expérimentale à Pregassona, prolonge une recherche sur les formes géométriques élémentaires et sur l’organisation spatiale claire, presque inévitable.

C’est dans ce contexte qu’émerge son intérêt pour le design. La transition se fait naturellement, sans rupture : « Oui, dit-il, je m’intéresse à la chaise comme je m’intéresse à la ville. C’est l’intensité des choses qui m’attire, pas leur dimension ou leur thème. » Qu’il s’agisse d’architecture ou de design, Botta pense d’un même geste. Les esquisses de la table Terzo en sont un exemple frappant: elles révèlent à la fois le module frontal de la Banque du Gothard et le motif en T renversé, symbole architectural et signature formelle.

Dans ses meubles comme dans ses bâtiments, Mario Botta convoque le même langage : géométries élémentaires, structures nettes: décorations faites de bandes parallèles ou en V. Ces motifs puisent dans une longue tradition tessinoise, qu’il transpose avec la même intensité dans une chaise que dans une église. « Qu’il s’agisse d’architecture ou de design, il n’y a aucune solution de continuité entre la conception et le dessin », affirme-t-il. On peut citer par exemple le canapé Sesta Re e Regina, dont le dossier reprend un motif en V que l’on retrouve aussi dans les parois de l’église de Mogno et dans la grande ouverture de la maison à Massagno.

Mario Botta appartient ainsi à la lignée rare des architectes-designers du XXe siècle, aux côtés de Charles Rennie Mackintosh, Marcel Breuer ou Ludwig Mies van der Rohe. S’il revendique l’héritage de Louis Kahn, Carlo Scarpa et Le Corbusier, il s’impose aussi comme un classique déjà inscrit dans l’histoire, dont l’œuvre conjugue permanence et invention.

Chez Mario Botta, tout est affaire d’évidence: un besoin supérieur d’espace gouverne ses dessins, une clarté de pensée soutient son processus créatif, une rigueur géométrique rencontre la matérialité. Ses réalisations ne sont pas de simples constructions ou de simples objets: ce sont des fragments d’un langage total, qui fait dialoguer architecture et design, passé et présent, territoire et universalité.

Botta, architecte avant designer 

Si le nom de Mario Botta évoque immédiatement son mobilier et ses assises cylindriques en mousse, il serait pourtant réducteur de limiter son œuvre à une seule échelle. Car avant de s’essayer au mobilier et aux objets, Botta est d’abord et reste un architecte. Un créateur infatigable, dont les réalisations sont des manifestes silencieux qui rendent les mots superflus.

Né en 1943 à Mendrisio, dans le Tessin suisse, Mario Botta se forme à Venise auprès de Carlo Scarpa et développe très tôt une sensibilité qui conjugue rigueur géométrique et intensité émotionnelle. Ses premières maisons, celle de Riva San Vitale (1971) ou de Ligornetto (1976), suffisent à le faire entrer dans l’histoire de l’architecture contemporaine. D’une maturité étonnante pour un architecte d’à peine trente ans, elles échappent à la mode pour s’imposer comme des évidences intemporelles.

À partir des années 1980, Mario Botta s’attaque à l’échelle des bâtiments publics, banques, écoles, musées, en leur conférant la même intensité architecturale que celle de ses maisons.

La Banque du Gothard (1982-1988) à Lugano illustre parfaitement la capacité de Botta à transposer les caractéristiques de son architecture domestique à l’échelle de la monumentalité institutionnelle. Chaque projet, qu’il s’agisse d’un bâtiment administratif à Fribourg ou d’une maison expérimentale à Pregassona, prolonge une recherche sur les formes géométriques élémentaires et sur l’organisation spatiale claire, presque inévitable.

C’est dans ce contexte qu’émerge son intérêt pour le design. La transition se fait naturellement, sans rupture : « Oui, dit-il, je m’intéresse à la chaise comme je m’intéresse à la ville. C’est l’intensité des choses qui m’attire, pas leur dimension ou leur thème. » Qu’il s’agisse d’architecture ou de design, Botta pense d’un même geste. Les esquisses de la table Terzo en sont un exemple frappant: elles révèlent à la fois le module frontal de la Banque du Gothard et le motif en T renversé, symbole architectural et signature formelle.

Dans ses meubles comme dans ses bâtiments, Mario Botta convoque le même langage : géométries élémentaires, structures nettes: décorations faites de bandes parallèles ou en V. Ces motifs puisent dans une longue tradition tessinoise, qu’il transpose avec la même intensité dans une chaise que dans une église. « Qu’il s’agisse d’architecture ou de design, il n’y a aucune solution de continuité entre la conception et le dessin », affirme-t-il. On peut citer par exemple le canapé Sesta Re e Regina, dont le dossier reprend un motif en V que l’on retrouve aussi dans les parois de l’église de Mogno et dans la grande ouverture de la maison à Massagno.

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1 Pulp Galerie_ San Giovanni Battista © Pulp Galerie

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