En 1994, à l’occasion de l’inauguration de la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, Ron Arad conçoit une installation monumentale pour le hall du bâtiment signé par Jean Nouvel. Dans cet espace vitré, baigné de transparence et d’échos lumineux, il imagine une série de quarante tables en acier inoxydable poli miroir, aujourd’hui connues sous le nom de tables Cartier.
Ces tables, spécialement créées pour l’installation, n’ont jamais été éditées. Chaque exemplaire, par sa forme singulière et ses proportions, renvoie l’image de ce qui l’entoure — l’architecture, la lumière, le passage des visiteurs. Avec leurs plateaux miroitants, soutenus par des piétements en V inversés, elles semblent flotter dans l’espace, suspendues entre la matérialité du métal et l’immatérialité du reflet.
Le critique Deyan Sudjic les décrira comme « légères et insubstantielles, semblables à une mare métallique ou une piscine de mercure remplie à ras bord ». Dans cette image, tout est dit : la table devient surface liquide, illusion d’un espace en mouvement.
Très vite, ces tables acquièrent le statut d’icônes du design contemporain. Présentées à plusieurs reprises sur le marché des enchères, elles atteignent des sommets : 61 000 € chez Christie’s en 2005, £20 320 chez Phillips en 2013, 59 482 € chez Artcurial et 52 000 € chez Piasa. Leur rareté et leur lien direct avec la Fondation Cartier en font des pièces majeures du design des années 1990. Dispersées après l’exposition, certaines demeurent dans les collections de la Fondation, tandis que d’autres ont rejoint celles de collectionneurs privés.
Près de vingt ans plus tard, en 2012, Ron Arad revient à Paris avec un nouveau projet autour de la table et du miroir : Downtown @ Downtown, présenté à la Laffanour | Galerie Downtown. Cette fois, il délaisse les proportions monumentales de la Fondation pour une constellation de tables basses, plus intimes mais tout aussi lumineuses.
Disposées dans toute la galerie, jusqu’à grimper sur les murs, elles composent un véritable plan urbain miniature. Ron Arad parle d’une « hiérarchie de routes et de places » : les tables se croisent, se frôlent, se répondent. Le visiteur déambule parmi elles comme dans une ville de reflets, un paysage mouvant où les surfaces capturent la lumière et déjouent la perception. Les plateaux, en acier poli miroir, reposent sur des pieds coniques en acier noirci et ciré.
Cette installation prolonge la réflexion amorcée à la Fondation Cartier. Là où les grandes tables reflétaient l’architecture et la nature, celles de la Galerie Downtown explorent la densité urbaine, la circulation et la relation entre les objets. Ron Arad y poursuit son questionnement sur le rôle du design : fonction ou sculpture ? mobilier ou paysage ?
Les tables de Ron Arad
Objet du quotidien par excellence, la table ne cesse de fasciner les designers. Derrière sa forme simple, elle cache un champ d’expérimentation infini, un espace où la fonction rencontre la création. Chez Ron Arad, la table devient un champ de recherche et de jeu. Elle reflète le monde qui l’entoure, capte la lumière et dialogue avec son environnement.
Tout au long de sa carrière, Ron Arad en fait un terrain d’exploration privilégié. Avec la Split Table (1990, Poltronova), il transforme la table extensible en objet modulable : ses lattes de bois ajustables soulignent la possibilité d’allongement, et ses pieds en acier brossé lui confèrent une dimension sculpturale. En 2004, la No Waste Table pousse encore plus loin son engagement : découpée dans une seule feuille d’aluminium pliée, elle ne génère aucune chute de matière.
Autre exemple marquant : sa collaboration avec Fiam Italy, pionnière du verre courbé. Avec la table basse Konx, Ron Arad explore les qualités du verre flotté, du mercure et de l’acier, créant un plateau où la transparence et la structure se confondent.
Très vite, ces tables acquièrent le statut d’icônes du design contemporain. Présentées à plusieurs reprises sur le marché des enchères, elles atteignent des sommets : 61 000 € chez Christie’s en 2005, £20 320 chez Phillips en 2013, 59 482 € chez Artcurial et 52 000 € chez Piasa. Leur rareté et leur lien direct avec la Fondation Cartier en font des pièces majeures du design des années 1990. Dispersées après l’exposition, certaines demeurent dans les collections de la Fondation, tandis que d’autres ont rejoint celles de collectionneurs privés.
Près de vingt ans plus tard, en 2012, Ron Arad revient à Paris avec un nouveau projet autour de la table et du miroir : Downtown @ Downtown, présenté à la Laffanour | Galerie Downtown. Cette fois, il délaisse les proportions monumentales de la Fondation pour une constellation de tables basses, plus intimes mais tout aussi lumineuses.
En 1994, à l’occasion de l’inauguration de la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, Ron Arad conçoit une installation monumentale pour le hall du bâtiment signé par Jean Nouvel. Dans cet espace vitré, baigné de transparence et d’échos lumineux, il imagine une série de quarante tables en acier inoxydable poli miroir, aujourd’hui connues sous le nom de tables Cartier.
Ces tables, spécialement créées pour l’installation, n’ont jamais été éditées. Chaque exemplaire, par sa forme singulière et ses proportions, renvoie l’image de ce qui l’entoure — l’architecture, la lumière, le passage des visiteurs. Avec leurs plateaux miroitants, soutenus par des piétements en V inversés, elles semblent flotter dans l’espace, suspendues entre la matérialité du métal et l’immatérialité du reflet.
Le critique Deyan Sudjic les décrira comme « légères et insubstantielles, semblables à une mare métallique ou une piscine de mercure remplie à ras bord ». Dans cette image, tout est dit : la table devient surface liquide, illusion d’un espace en mouvement.
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