yves de la tour d’auvergne plier la matièr
Plier la matière
10 septembre – 31 octobre 2026
30 rue de Seine, 75006 Paris
Pour la rentrée, Pulp Galerie met à l’honneur Yves de la Tour d’Auvergne (1927-2023), designer et sculpteur français.
À travers une sélection de pièces réalisées entre les années 1980 et 1990, Pulp Galerie met à l’honneur l’esthétique singulière et élégante de l’artiste : par le pli, les matériaux deviennent sculptures ou meubles.
Si Yves de la Tour d’Auvergne s’était initialement consacré à la peinture, c’est autour d’une réflexion sur la lumière qu’il initie des sculptures sur papier. Pliant, déchirant, coupant : ses sculptures prennent peu à peu vie. Faites principalement de poudre de marbre, leur toucher soyeux et leur légèreté apparente rappellent ceux d’un papier matifié.
Le pli comme langage
Chez Yves de la Tour d’Auvergne, le pli résonne comme un origami. Il ne constitue jamais un simple motif décoratif. Il devient un principe de construction capable d’organiser l’espace, de suggérer le mouvement et de révéler la lumière.
Cette recherche se retrouve dans le tabouret-table Demi-Lune (1984), dont les lignes sobres évoquent une feuille délicatement repliée sur elle-même. Les chaises Olta en métal patiné (1984) prolongent cette réflexion. Réduites à quelques surfaces anguleuses, elles semblent avoir été découpées puis repliées dans une seule feuille de métal.
Des sculptures à habiter
Chacune des créations de Yves de la Tour d’Auvergne est pensée comme une sculpture à part entière : la forme prime, l’usage, lui, n’est qu’un prétexte.
Le fauteuil Alpha (1982) compte parmi les pièces les plus emblématiques de la sélection présentée chez Pulp Galerie. Avec ses accoudoirs massifs et ses formes anguleuses, il est l’exemple même du pli de la matière. Le fauteuil Christony développe quant à lui une silhouette plus géométrique, tout en conservant cette même impression d’objet sculpté.
La lumière comme matériau
Si le papier demeure à l’origine de son vocabulaire plastique, Yves de la Tour d’Auvergne développe rapidement ses propres procédés de fabrication. En associant résine et poudre de marbre, il parvient à conserver la blancheur et le toucher du papier tout en donnant à ses œuvres une dimension sculpturale unique.
Présentées en paire dans l’exposition, les lampes Albatros (1988) comptent parmi les créations les plus singulières de Yves de la Tour d’Auvergne. Reposant sur un piètement métallique, elles sont surmontées d’un grand abat-jour élancé. Pour allumer la lampe, celui-ci s’incline délicatement, comme un oiseau venant pencher la tête. Une présence discrète mais presque vivante, caractéristique de l’attention portée par l’artiste au mouvement et à la lumière.
Réalisées l’année suivante, les chaises Marmora (1989) comptent parmi les créations les plus représentatives de cette période. Leurs dossiers semblent résulter d’un simple pliage.
Cette même recherche se retrouve dans la table Ellipse Pise (1994). Soutenue par cinq pieds en poudre de marbre, son plateau de verre laisse apparaître toute la structure de l’œuvre. La sobriété des matériaux et la simplicité de ses lignes confèrent à cette pièce une élégance intemporelle, capable de s’intégrer dans tout type d’intérieur.
À travers cette exposition, Pulp Galerie affirme encore une fois la conviction qui l’anime depuis l’origine : chez Pulp, la forme est reine, la fonction secondaire.
LES ŒUVRES DISPONIBLES