Hilton McConnico : la passion du cactus (1985 - 1990)
Véritable melting-pot américain, les séries de Cactus de Hilton McConnico puise dans l’imaginaire de son Tennessee natal tout en témoignant de la sophistication héritée de sa vie parisienne. McConnico joue avec les esthétiques qui traversent le cinéma et la culture populaire américaine des années 1980 : opulence néo-baroque, couleurs éclatantes et goût assumé pour le spectaculaire.
Son univers repose sur la rencontre d’éléments a priori éloignés. Motifs végétaux, références américaines, matériaux précieux et détails ornementaux se côtoient dans des compositions qui évoquent autant l’art de vivre que le décor de cinéma. Plus qu’un designer de décors, McConnico construit ainsi de véritables univers, où les objets semblent participer à une mise en scène.
Le motif du Cactus, développé à partir de 1985 et notamment décliné pour Daum, Hermès, la Cristallerie Saint-Louis ou encore Formia, compte parmi les expressions les plus emblématiques de cet univers. À partir de 1987, il est notamment décliné dans une série de pièces de mobilier et d’objets : fauteuils, méridiennes, canapés, tapis, flacons et services de table en cristal.
Chez McConnico, le cactus devient bien plus qu’un simple motif décoratif. Il agit comme un signe immédiatement évocateur de l’Ouest américain, tout en étant réinterprété à travers un vocabulaire sophistiqué et résolument parisien.
Le « petit canapé de repos » Cactus, réalisé pour Titien Éditeur en 1988, en constitue un exemple particulièrement manifeste. Son dossier évoque un véritable jardin de cactus en métal doré, transformant le siège en pièce d’apparat. Le fer peint en vert bronze, associé à la dorure, accentue cette tension entre référence populaire et raffinement décoratif.
La collection de chaises, fauteuils et méridiennes en fer, réalisée en 1988 et également éditée par Titien, met en scène un véritable champ de cactus dorés, peuplé de chats évoquant les célèbres chats noirs parisiens. McConnico compose ainsi, une nouvelle fois, un véritable melting-pot culturel, où se rencontrent références américaines et imaginaire parisien. Les assises oranges apportent chaleur et intensité à l’ensemble, tandis que le bronze et les touches dorées soulignent une richesse presque théâtrale, propre à l’univers du créateur.
Cette esthétique se retrouve également dans les pièces réalisées pour Daum : flacons à liqueur en cristal ornés de cactus en pâte de verre, coupes Arizona et Nevada, services de verres à whisky et à orangeade en cristal sablé vert, décorés de cactus à l’or fin, ou encore l’ensemble de toilette Nuit mexicaine, en cristal bleu rehaussé d’or.
Le tapis Cactus, tissé à la main en pure laine et édité en série limitée à 100 exemplaires pour Art Surface, Sedcome, Paris, en 1987, associe une nouvelle fois le motif du cactus à la silhouette du chat. Ses couleurs chatoyantes, ses contours sinueux et ses lignes volontairement naïves évoquent l’univers des cartoons américains, tout en faisant écho à l’imaginaire ludique et théâtral de Hilton McConnico. La fabrication artisanale et le caractère limité de l’édition confèrent à cette pièce une dimension à la fois précieuse et sophistiquée.
À travers la série Cactus, Hilton McConnico transforme ainsi un motif emblématique de l’imaginaire américain en un véritable langage décoratif. Entre exubérance et sophistication, le cactus devient le fil conducteur d’un univers où se rencontrent culture populaire, références cinématographiques et raffinement parisien. Une vision de l’Amérique fantasmée et théâtrale, réinventée par le regard d’un créateur profondément marqué par sa vie à Paris.
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