Azzedine Alaïa commence à collectionner des pièces de mobilier de Shiro Kuramata à partir des années 2000. Cet intérêt se concrétise dès 2005 par une exposition que le couturier consacre au designer japonais. Alaïa y réunit une trentaine de pièces majeures issues pour la plupart de sa collection personnelle, parmi lesquelles le célèbre canapé How High the Moon (1986), Glass Chair (1976), ou encore Miss Blanche (1988), chaise en acrylique transparent abritant des roses synthétiques suspendues dans la résine. Ces œuvres illustrent de manière exemplaire le travail de Kuramata sur la dématérialisation, la lumière et la perception instable des formes.
Cet hommage est renouvelé près de vingt ans plus tard avec l’exposition « Alaïa / Kuramata. La légèreté en création », présentée en juin 2024 jusqu’en février 2025 à la Fondation Azzedine Alaïa. Imaginée par Carla Sozzani et Olivier Saillard, cette exposition qui défie les lois de la pesanteur met en avant vingt-deux créations de haute couture d’Azzedine Alaïa et vingt-deux œuvres de Shiro Kuramata, toutes issues des collections de la fondation.
La scénographie repose sur un principe de diptyque, chaque meuble entrant en dialogue direct avec une création du couturier. Formes, textures et mouvements structurent cette mise en scène. La maille métallique d’un siège entre ainsi en résonance avec la cotte de mailles de certaines robes.
Parmi les œuvres présentées figurent notamment le Revolving Cabinet, dont la rigueur modulaire évoque l’influence de Donald Judd, la lampe OBA-Q (1972), première production réalisée par Ishimaru Co. Ltd., les Ephemera (1989), soliflores surmontés de roses, ainsi que les sièges Twilight Time et Sing Sing Sing (1985). L’exposition, méticuleusement articulée, parvient ainsi à suspendre le caractère éphémère de la mode et du design, tout en révélant la dimension visionnaire des deux artistes.
Bien que Kuramata et Alaïa ne se soient jamais rencontrés, leurs œuvres se répondent avec une évidence frappante. Produites parfois à quelques années d’écart, elles partagent une même attention portée à la structure, à la finesse et à l’abstraction.
La pesanteur en écho : Alaïa & Kuramata
La relation entre Shiro Kuramata et Azzedine Alaïa s’inscrit dans un contexte où le design d’intérieur devient un prolongement direct de l’identité des maisons de mode. Bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés, Azzedine Alaïa reconnaît dans l’œuvre de Kuramata une sensibilité proche de la sienne, fondée sur la maîtrise du volume et de la légèreté. Tout au long de sa carrière, Shiro Kuramata puise son inspiration aussi bien dans le design italien, notamment chez les créateurs liés au mouvement Memphis, que dans l’art conceptuel américain, en particulier avec l’œuvre de Donald Judd. Cette double influence se traduit par des formes lisibles, des structures affirmées, mais volontairement allégées par l’usage de matériaux transparents ou ajourés. Comme il l’exprimait lui-même : « Le plus grand problème, c’est la gravité, nous devons réfléchir à un moyen de l’effacer. » Cette volonté de défier la pesanteur, à la fois physique et symbolique, irrigue l’ensemble de ses créations et trouve un écho particulier dans le regard porté par Alaïa sur le mobilier et l’espace.
Cet hommage est renouvelé près de vingt ans plus tard avec l’exposition « Alaïa / Kuramata. La légèreté en création », présentée en juin 2024 jusqu’en février 2025 à la Fondation Azzedine Alaïa. Imaginée par Carla Sozzani et Olivier Saillard, cette exposition qui défie les lois de la pesanteur met en avant vingt-deux créations de haute couture d’Azzedine Alaïa et vingt-deux œuvres de Shiro Kuramata, toutes issues des collections de la fondation.
La scénographie repose sur un principe de diptyque, chaque meuble entrant en dialogue direct avec une création du couturier. Formes, textures et mouvements structurent cette mise en scène. La maille métallique d’un siège entre ainsi en résonance avec la cotte de mailles de certaines robes.
Bien que Kuramata et Alaïa ne se soient jamais rencontrés, leurs œuvres se répondent avec une évidence frappante. Produites parfois à quelques années d’écart, elles partagent une même attention portée à la structure, à la finesse et à l’abstraction.
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