Un reliquaire iconographique.

La série des Pratt a été réalisée d’un seul et même moule. Si, théoriquement, la forme de l’objet est présupposée identique d’un exemplaire à l’autre, ce sera par la matérialité que lui confère la résine que naîteront des contrapposto uniques. Un “contrapposto” pour une chaise ? Cette posture est habituellement réservée à la statuaire grec. Cet anthropomorphisme est attendu et voulu par Pesce. Pour lui, la Pratt est entre l’humain, l’animal et l’insecte.

Le moule confère à la chaise une grande quantité de détails fascinants, à la frontière du bas-relief. Gaetano Pesce y ajoute des visages, un crucifix, des montagnes, des cartes à jouer, une scène de sexe torride et même une empreinte de sa main. La Pratt Chair s’inscrit comme le reliquaire des passions de notre artiste.

Ces décors symbolisent ce que seraient les essentiels à la bonne créativité d’un artiste:
le crucifix pour la foi dans le travail; le labyrinthe pour la recherche; le sexe pour le plaisir; le pain comme image d’un succès qui nourrirait l’artiste; et la main, essentielle au projet.

Dans un monde mécanisé et automatisé comme celui du XXème siècle, la main replace l’homme et sa production imparfaite au centre de l’œuvre. Placée au-dessus, de ce qui se rapprocherait d’un visage, elle est la main invisible qui moule, déplace, pose et, finalement, fait tomber la chaise. Elle rend mobile le statique.

La chaise Pratt

La série des Pratt Chairs a été réalisée en 1984 par Gaetano Pesce. Cette série de neuf chaises propose une réflexion sur le besoin de solidité d’un objet. La composition de la résine varie, chacune dispose de plus ou moins de durcissant.

Le projet initial de la Pratt chair se joue de la limite entre sculpture et meuble. D’un amas de résine colorée à une chaise fonctionnelle, il n’existe qu’une différence de recette. 

La volonté initiale de Gaetano Pesce était de réaliser neuf exemplaires de chaises, provenant des neuf compositions de résine, pour un total de 81 exemplaires. Dans une interview accordée à Glenn Adamson, Gaetano Pesce avoue n’en avoir finalement réalisé que 34, toutes différenciées par leur couleur. 

Si il est souvent écrit que la Pratt a été commandée par le Pratt Institute de New York à Gaetano Pesce, cela à été démenti par l’artiste. Gaetano Pesce a collaboré avec les élèves en utilisant leurs ateliers et leurs moyens de production, à une époque où l’artiste souffrait de la taille de son espace new-yorkais, afin de mener à bien un projet d’une telle complexité. 

Le prototype de la chaise a d’ailleurs été réalisé dans les laboratoires du Pratt Institute avec de la cire. Pour la modeler, Gaetano Pesce utilisa les outils mis à disposition. La sculpture de cire fut malheureusement détruite peu de temps après.

Un reliquaire iconographique.

La série des Pratt a été réalisée d’un seul et même moule. Si, théoriquement, la forme de l’objet est présupposée identique d’un exemplaire à l’autre, ce sera par la matérialité que lui confère la résine que naîteront des contrapposto uniques. Un “contrapposto” pour une chaise ? Cette posture est habituellement réservée à la statuaire grec. Cet anthropomorphisme est attendu et voulu par Pesce. Pour lui, la Pratt est entre l’humain, l’animal et l’insecte.

Le moule confère à la chaise une grande quantité de détails fascinants, à la frontière du bas-relief. Gaetano Pesce y ajoute des visages, un crucifix, des montagnes, des cartes à jouer, une scène de sexe torride et même une empreinte de sa main. La Pratt Chair s’inscrit comme le reliquaire des passions de notre artiste.

Ces décors symbolisent ce que seraient les essentiels à la bonne créativité d’un artiste:
le crucifix pour la foi dans le travail; le labyrinthe pour la recherche; le sexe pour le plaisir; le pain comme image d’un succès qui nourrirait l’artiste; et la main, essentielle au projet.

Dans un monde mécanisé et automatisé comme celui du XXème siècle, la main replace l’homme et sa production imparfaite au centre de l’œuvre. Placée au-dessus, de ce qui se rapprocherait d’un visage, elle est la main invisible qui moule, déplace, pose et, finalement, fait tomber la chaise. Elle rend mobile le statique.

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